La Loupiote c’est cette adresse toulousaine excellente, quartier St-Cyprien, à 2 ruelles du Pont Neuf (39 rue reclusane) où vous pouvez déguster des bières qui valent le détour, assister à des concerts mémorables, et tout ça en savourant une expo exclusive, donc.
Sur place avait déjà eu lieu une somptueuse exposition un peu avant l’apocalypse sanitaire : Inktober 2019.
Depuis, non seulement la Loupiote survived, mais une cave à bières a ouvert juste à côté, si vous souhaitez ramener à la maison des bières fabuleuses.
Il est aussi possible sur place de soutenir le Schlaguistan Autonome, un territoire farouche mais accueillant, rude et houblonné, le patron vous en dira plus, tout ça est assez technique. Demandez Vincent.
Drawtober c’est un challenge dans le même esprit que Inktober, en moins contraignant : d’une illustration par jour, on passe à une tous les 5 jours, sur un mot-clé donné, ambiance Halloween… ça me va bien pour cette étrange année 2020 !
Je garde des marathons Inktober 2018 puis 2019 d’excellents souvenirs cependant le rythme journalier est sacrément contraignant à tenir quand on a par ailleurs du boulot, des enfants, toussa . Le règlement des challenges, que ce soit pour Inktober ou Drawtober, est pourtant formel : chacun fait bien ce qu’il veut, a le droit de louper certains jours, de reprendre, etc… mais je ne suis pas du genre à faire les choses à moitié .
Par ailleurs je veux travailler sur des formats plus grands : le A4 (29.7×21cm) c’est sympa et peu encombrant, mais c’est tout de même pitchou. Une fois exposé c’est même franchement minuscule, ai-je réalisé en novembre dernier . Alors je passe à… (roulement de tambour) du A3 ! Imaginez : 42 . sur . 30 . cen . ti . mè . treuh . C’est énorme. C’est un nouvel univers qui s’ouvre à moi .
Par contre il va me falloir reconsidérer cette tendance à détailler tous les recoins de mes illustrations… parce que sur du A3 j’y passe des nuits.
Sculptures de citrouilles
« Carvings »
Empalée sur un pieu de bois grossier au milieu des ronces et des herbes folles, un visage grimaçant sculpté dans une citrouille surveille le chemin. Une bougie fait luire son regard maléfique, tandis que la cire s’écoule en stalagmites livides entre les crocs.
NB : Pour mieux rendre la lueur tremblante de la bougie à l’intérieur de la citrouille, il aurait fallu idéalement que l’illustration soit sur fond sombre … Le temps m’a manqué !
Au sujet de la calligraphie toute en ronces & épines, on m’a signalé qu’elle était difficilement lisible … J’espère bien, quel intérêt sinon ?
Au fond de sa boutique encombrée d’articles inquiétants, un vieil homme édenté au regard fou prépare à la lueur des bougies un breuvage luminescent. Tandis que la marmite bout et déborde, il presse la gueule d’un serpent sur le rebord de la coupe pour y ajouter quelques gouttes de venin.
Dans un monde sans contraintes de délai, j’aurai fignolé plus encore le décor : des fioles, des gousses d’ails, des alambics et bocaux suspects avec dedans des choses louches… et pourquoi pas dans la rue des passants, des maisons … C’est que c’est grand une feuille A3. Dans ce monde-ci, puisqu’il faut savoir rendre sa copie, j’ai coupé là !
Un crâne de dragon aux nombreuses cornes, où semblent luire des yeux malfaisants. La mâchoire inférieure grande ouverte est disloquée en deux parties à la façon des serpents. Autour de lui, des runes gothiques indéchiffrables dessinent un cercle évoquant une incantation, un maléfice.
Dernière image : Bon. Ok j’ai un peu photoshopé pour avoir un dégradé propre.
La nuit de Halloween, des enfants déguisés sonnent à la porte pour demander des bonbons. Derrière eux, en retrait de la lumière du porche, se découpe sur la pleine lune l’inquiétante silhouette d’une sorcière chevauchant un loup monstrueux.
La lune immense fait son effet, que Spielberg m’envie certainement. Call me, Steve.
Par une nuit de pleine lune, au centre d’une colline que domine un menhir, un feu s’élève. Un vénérable druide dirige une cérémonie à laquelle assiste tout le peuple de Faërie : Ents, licornes, gobelins, fées et dragons, elfes et nains, guerrières, mages et trolls.
Manque à l’appel les Dames Ents, comme d’habitude.
Tolkien, « Fins de soirées & blagues elfiques » Tome 9
Le squelette d’un fermier, avachi contre une épave de carriole, semble tenir à la main une citrouille qui a poussé là.
Confidence : j’ai eu au départ de cette illustration envie de dessiner une roue de carriole ancienne, comme on en croise encore parfois, appuyées contre les murs en pierre de nos campagnes, vestiges d’un autre monde. Mais alors une roue en bout de course, hein : voilée, disloquée, rouillée, au bois blanchi par les saisons… Les limites de ce type d’illustration c’est que je ne peux y rajouter des champignons et mousses, faute d’y avoir pensé assez tôt. Ni suggérer via les couleurs appropriées la patine si particulière que prend le bois après un siècle à combattre les éléments…
Pour le prochain Drawtober, + de couleur et de numérique ?
Si vous lisez ceci bravo, je me demande parfois à quel point je suis trop bavard. Tiens tant que vous êtes là, si vous voulez partager cette page ça me ferait plaisir, vous n’imaginez pas à quel point la fréquentation de ce site est confidentielle !