Auteur/autrice : Romain

  • Au grand air

    Au grand air

    Un Ent,

    homme-arbre dans le monde de Tolkien, Onodrim* en Elfique.

    Onodrim / Ent au papillon

    Parce qu’à l’occasion des vacances j’ai pu me régaler de nature et que, malgré les ronces, et les températures de rotisserie, c’est beau.

    (* Onodrim : c’est le mot calligraphié en haut à droite )

    Un homme vert,

    ou « gardien », presque invisible, rencontré en vrai, puis dessiné de mémoire.

    Si vous êtes bon nageur, passez le voir dans les gorges de l’Hérault, en amont de St Guilhem le désert : il faut se mettre à l’eau sous le barrage de Bissaou, puis descendre au fil du courant jusqu’à une cascade magique rive droite…

    Homme vert, gardien de la cascade

    Et un revenant !

    Cette illustration a refait surface après avoir disparu fin octobre (souvenez-vous, Inktober 2023) .

    Après l’avoir soigneusement détourée au cutter, puis placée sur un fond approprié de gravures rupestres, j’avais heu… perdu de vue la feuille, c’est-à-dire totalement oublié où je l’avais mise sous presse, dans mon lieu de travail parfaitement rangé.

    Cro-magnon à la torche, avec peintures rupestres

    Ai-je accusé mes enfants, jeté des regards soupçonneux aux chats, envisagé la piste extraterrestre ? Je ne répondrai pas à ces rumeurs.

    Bon été !

  • IA

    IA

    Vous avez sûrement vu débarquer puis proliférer les images générées par Intelligence Artificielle.

    Il y a quelques années à peine, c’était encore un objet de curiosité pour geek. Les images par IA ressemblaient à des délires psychédéliques monstrueux, c’était drôle et un peu dérangeant, divertissant mais inutilisable.

    Puis c’est devenu mieux ficelé, mais ça restait décelable : Le pape dansait le disco, Macron mettait le feu à des poubelles … et dans la presse des articles expliquaient que pour reconnaître une fausse image, il y avait des trucs simples genre « Comptez les doigts : souvent les IA se trompent et en mettent trop ou pas assez« .

    Mouais.

    En quelques mois, les IA se sont rapidement améliorées, et tous ces trucs simples sont devenus obsolètes.

    C’est devenu nettement plus délicat de déceler la patte d’une IA.

    Que ce soit dans une photo réaliste, dans une illustration, et à présent dans des vidéos et du son… Difficile d’imaginer jusqu’où ça ira .

    Le saviez-vous ? Un nouveau type d’arnaque est apparu : l’arnaqueur mène un appel vidéo en se faisant passer pour quelqu’un de confiance (genre le banquier de son interlocuteur) : la magie de l’IA lui permet de prendre la voix et l’apparence souhaitée, en temps réel, de façon suffisamment convaincante pour arnaquer sa victime.

    D’ici peu, on repensera au bon vieux temps où traficoter une image, une vidéo, c’était très technique, pas donné, et souvent mal fait, du coup on savait – à peu près – ce qui était vrai, ce qui l’était moins. Aujourd’hui le moindre smartphone est capable d’effets spéciaux dont Hollywood n’aurait même pas osé rêver il y a 10 ans.

    Je pense aux images IA épatantes qui fleurissent sur les réseaux sociaux, du genre

    « Et si le Seigneur des Anneaux avait été adapté en film dans les années 50 ?« 

    Les passionnés d’IA et de cinoche

    …Et je suis pris d’un vertige tant les images proposées sont crédibles :
    Je SAIS, avec certitude, qu’elles sont fausses, puisque je ne les avais vues nulle part avant, malgré mon intérêt pour le sujet.
    Et que ces images surgissent en pleine vague « Vive les IA« .
    Qui plus est sur des comptes sociaux qui revendiquent l’utilisation d’IA.

    Mais d’ici quelques temps, quand ces images auront essaimé de ci de là sur divers sites, sur des forums, des bases d’images… Alors le doute s’immiscera, d’abord chez les plus jeunes : « Peut-être bien que le Seigneur des Anneaux a connu une adaptation dans les années 50 ?…« 
    Cet exemple très très anecdotique sera multiplié par des milliers, et c’est ce qui m’inquiète .
    Car on va se retrouver à vivre dans un tourbillon d’intox qu’on n’aura plus les moyens ni le temps de trier.
    Et l’humanité s’y habituera, puisque c’est une des choses qu’elle fait le mieux. Et nous vivrons avec ce doute pas grave mais lancinant, parmi des milliers d’autres : « Peut-être bien que dans les années 50 … »

    Il y aura bien quelques historiens qui tenteront de trancher, d’expliquer, en se basant sur des sources vérifiées, mais comment les croire ? Après tout leurs vidéos explicatives, leurs témoignages, leurs preuves sont peut-être générées par IA ?


    Pour en revenir à l’art, puisque la création est tout de même le sujet de ce site, j’entends souvent l’argument suivant, avec lequel j’aurais beaucoup aimé être d’accord :

     » L’art généré par IA, ça ne vaut rien car ce n’est pas un humain qui l’a fait avec ses émotions, son vécu, ses tripes « 

    Les gens partisans de la supériorité indéniable et éternelle de l’humanité

    Je l’entends, y compris venant de gens brillants, cependant pour pouvoir fonctionner l’argument implique que l’on sache qu’une œuvre a été générée par IA. Or ce n’est pas forcément le cas, et ça ne va pas aller en s’arrangeant.

    Cet argument voudrait qu’une création générée par IA, aussi bluffante soit-elle, soit automatiquement et définitivement disqualifiée simplement parce que non issue d’un cerveau humain.
    Soit.
    Mais imaginons qu’un humain mente (soyons fou), et prétende que la création en question est de lui. L’œuvre pourra-t-elle alors prétendre au génie ?
    On peut discuter de la séparation entre l’œuvre et l’auteur, encore faut-il savoir qui est l’auteur.

    ( Fun fact : lorsque l’humain ne saura définitivement plus distinguer le « made by AI » du « made by human » * une solution émerge déjà : confier ce diagnostic… à une IA )

    Pour ma part, je suis soufflé par la qualité et le rendu de ce que génèrent les IA.

    J’ai toute ma vie dessiné des choses qui n’existaient pas, en puisant dans mon imaginaire, nourri par les univers qui me passionnaient. Ces visions ne risquaient pas d’être prises en photos ou dessinées par quelqu’un d’autre, car elles n’existaient pas vous dis-je, à part dans ma tête.

    « Ça mérite que je consacre des heures à coucher cette idée sur le papier, car c’est la seule façon de la partager » me disais-je… ce n’est désormais plus le cas ! Même plus besoin de savoir dessiner, on peut aujourd’hui résumer ce qu’on a en tête à une IA (on dit prompter ), et la laisser faire le job, puis ajuster les détails, ou encore changer son fusil d’épaule si ce que propose l’IA convient tel quel, voire vous inspire une autre idée.
    Et tout ça ne prend que quelques minutes, et quelques euros, contrairement à ces lourdauds d’humains, à qui la moindre image fignolée demande des heures, sans parler du salaire adéquat parce qu’ils ont des factures à payer, une famille à nourrir gna gna gna.

    Il semblerait que mon talent pour le dessin va rejoindre d’autres talents intéréssants-mais-obsolètes, dans le vaste placard « trucs que les humains faisaient avant, mais qu’on confie désormais aux machines qui s’en chargent mieux et mille fois plus vite« .

    Je ne compte pas cesser de créer, mais dans un monde d’IA ce sera désormais plus pour mon plaisir, et -j’espère- celui de quelques amateurs de dessin made by human … Je crains que les dessins de commande ne se raréfient au profit de prompts IA de type « Fais moi un dessin comme-ci-comme-ça dans le style de Reicluos » !

    Qui vivra verra

    * made in human : penser à marquer ça sur mes créas

  • L’eau d’ici, l’au-delà

    L’eau d’ici, l’au-delà

    C’est le titre de l’expo qui démarre le 23 avril à Bédarieux (34) ce printemps, avec une trentaine de créateurs du collectif 4CM.

    "L'eau d'ici, l'au-delà" - exposition 2024
    « L’eau d’ici, l’au-delà » – exposition 2024

    Pour la mise au point de l’affiche officielle j’ai utilisé une photo que j’aime beaucoup, prise il y a quelques années depuis un endroit pas simple d’accès à Colombières-sur-Orb : on y voit la millénaire Tour Carrée, avant sa rénovation, se reflétant dans les bassins suspendus au-dessus de la cascade du Voile de la Mariée.

    ( Pour les amoureux de ce coin de nature : plus de photos du même jour )

    Je participe à l’exposition avec la série de quatre sculptures ci-dessous, chacune émergeant de son plan d’eau, figuré par un miroir.

    … L’eau comme miroir sur nos conditions humaines, comme surface de réflexion sur les avenirs possibles, que ce soit le destin individuel de chacun, ou les futurs possibles de l’humanité.

    • Dame Viviane frissonne les pieds dans son lac, en y sondant les futurs possibles
    • Néandertal songe en contemplant son reflet « Où donc vont les hommes ?« 
    • Lucy notre grand-tante australopithèque rêve le monde dans son bain
    • La Mort Flottante contemple le ciel depuis sa flaque

    Technique utilisée

    J’ai opté pour de l’argile de type vernie-mais-pas-cuite … n’a pas accès à un four de potier qui veut ! Je chouine, mais en même temps c’est l’occasion d’expérimenter :
    Ça soulage d’être dispensé de « l’épreuve du feu » : fini l’angoisse que la création sur laquelle vous bossez avec amour explose lors de la cuisson à cause d’une bulle négligeux, d’un volume trop épais… ou d’un voisin de four défectueux !
    « La Mort Flottante » a pu être travaillée à même le miroir, puis laissée à sécher telle quelle. D’où les fissures apparues au séchage, mais qui sont les bienvenues !
    Quelques fissures aussi, moins bienvenues, sur Néandertal, la faute à une ossature en papier aluminium. J’expérimente, vous dis-je.

    Comment photographier un miroir

    J’avais déjà remarqué, concernant les sculptures, à quel point l’angle de vue, la lumière, le background, pouvaient influer sur l’ambiance finale de la photo … C’est encore plus vrai pour une œuvre incluant un miroir !

    Ci-contre, pour un angle quasi identique, je réalise à quel point j’ai surtout photographié un reflet.

    J’ai choisi d’exposer dehors, en espérant que les éléments (et les chats, les escargots, les écureuils etc) épargneront mes créations .

    L’expo dure jusqu’au 24 mai 2024, passez donc voir ça !

  • Affiche « Elfa et les Caribous »

    Affiche « Elfa et les Caribous »

    Pour ces derniers jours de décembre, un projet qui sent bon les fêtes de fin d’année ! Une affiche pour une pièce de théâtre créée par mon amie Frédérique Bruel, comédienne et metteuse-en-scène. A découvrir sur Montpellier et ses environs.

    + d’infos sur le site de Frédérique Bruel .

    Bonus web : l’animation calque par calque ! Ou comment se construit une illustration.

  • Inktober 2023

    Inktober 2023

    31 jours d’octobre, 31 illustrations
    Les mots de l’édition 2023 sont :

    Edit le 7 novembre : une expo vient de commencer à Cahors dans la très belle boutique l’Art&Fact avec une partie des illustrations ci-dessous : c’est parti pour quelques semaines !

    Jours 1 à 10

    Je vous laisse retrouver quelle illustration correspond à quel mot du jour ! C’est parfois capillo-tracté, d’autant que je n’aurais pas traduit certains mots anglais comme ça.

    Jours 11 à 20

    … Ainsi j’ai plutôt pris le mot anglais « wander » au sens de « errer » plutôt qu’au sens « se promener »… Ne dit-on pas que traduire c’est trahir ?

    Bonus : je vous glisse aussi quelques croquis … lorsqu’ils sont intelligibles

    Jours 21 à 31

    Certains mots inspirent plus que d’autres… J’avoue que pour #Shallow / #Superficiel j’étais moyennement inspiré

    Pour le skateur d’argent – moins connu que son grand frère – j’ai testé ce qu’il donnerait « dans son élément », c’est-à-dire sur fond étoilé, et trouve le résultat mignon… je garde !

    Bref

    Il y a quelque chose d’un peu absurde à cette marche forcée, un aspect presque « anti-artistique » à s’astreindre ainsi chaque jour à pondre une illustration sur un mot clé donné.

    Mais je suis content de voir que je parviens à tenir le rythme, et me rends bien compte que, comme pour le sport, la régularité, ça paie ! Mon style heu … se muscle ?

  • Feuille de bois

    Feuille de bois

    J’ai saisi l’occasion de participer ce printemps à Mai que mai, un festival peu commun, organisé par l’association Tafanari à Colombières-sur-Orb, qui mêle à la nature en fête… tous les arts possibles ! Les comédiens surgissent au détour des chemins, des groupes de musique incroyables vous accueillent dans des jardins privés, et des créations artistiques font leur vie en liberté dans la nature !

    Avec cette feuille de bois à une échelle inhabituelle (2 mètres), exposée en pleine forêt, j’ai souhaité attirer l’attention et déclencher une réflexion, un regard plus conscient sur … ce qu’il y a autour de l’œuvre : chaque feuille de lierre bien réelle, chaque bout d’écorce de châtaignier, chaque fleur de fraisier sauvage est un petit miracle d’équilibre, d’ingénierie made in Mère Nature, d’harmonie … la beauté, partout, au point qu’on la piétine sans plus la voir.

    Et puis comme une feuille sous cet angle vertical n’est pas sans évoquer une flamme immobile, j’y ai calligraphié-pyrogravé le poème suivant :

    Vie d’arbre
    Long combat
    Feu lent
    Flamme verte
    Feuille de bois

    Au verso, cette fulgurante perle de sagesse,
    suggérée par mon fils de 9 ans :

    La vie est courte,
    patience

    Oscar