La Loupiote c’est cette adresse toulousaine excellente, quartier St-Cyprien, à 2 ruelles du Pont Neuf (39 rue reclusane) où vous pouvez déguster des bières qui valent le détour, assister à des concerts mémorables, et tout ça en savourant une expo exclusive, donc.
Sur place avait déjà eu lieu une somptueuse exposition un peu avant l’apocalypse sanitaire : Inktober 2019.
Depuis, non seulement la Loupiote survived, mais une cave à bières a ouvert juste à côté, si vous souhaitez ramener à la maison des bières fabuleuses.
Il est aussi possible sur place de soutenir le Schlaguistan Autonome, un territoire farouche mais accueillant, rude et houblonné, le patron vous en dira plus, tout ça est assez technique. Demandez Vincent.
Une vue imaginaire d’un village cher à mon cœur : Colombières-sur-Orb, dans l’Hérault.
Imaginaire parce que, en pratique, il n’existe pas de point de vue qui permettrait d’embrasser à la fois tous les éléments représentés dans ce dessin.
Colombières-sur-orb : son église, sa Tour Carrée, la cascade du ruisseau d’Albine, et plus haut sur les coteaux du Caroux, la Roquerouge
Si ça avait été le cas, une photo eût été plus simple !… Le dessin prend plus de temps mais permet de transcrire la cartographie des souvenirs, la topologie de l’imaginaire, les éléments tels qu’ils s’emboîtent au cœur plutôt qu’à l’œil .
Blason « Nous vivons par le métal » créé pour la famille L.G (fan de musique métal), dans la lignée de la série Calligraphie sur bois , sauf qu’il n’était pas question de divulgâcher la surprise aux premiers concernés avant qu’ils ne découvrent l’objet… C’est chose faite, je poste donc !
NB : Certes il y a une ironie à parler de métal sur du bois, et non non je ne l’ai pas perçue trop tard. ha ha.
Oui, sur bois. Parce que le papier, c’est so 2020.
Depuis un moment déjà je kiffe le toucher de la mine de crayon sur la surface tendre du bois. C’en est longtemps resté là : le temps d’une étagère ou d’un meuble, pour noter une mesure, apposer une marque discrète – mais stylée – servant à distinguer le dessus du dessous.
Et puis il y a quelques semaines j’ai cédé à une envie passagère et écrit une phrase au crayon sur une chute de planche destinée au feu. L’idée a alors germé : faire ça bien. Faire de la belle calligraphie sur du bois plutôt que du papier.
Après tout une planche n’est pas moins digne qu’une feuille, les deux sont même cousines, et la première quoique plus encombrante, résiste mieux aux outrages du temps… et ne semble plus si épaisse ni lourde une fois sa camarade mise sous verre.
Mais que calligraphier ? C’est le vieux dilemme : quand on aime calligraphier, il faut décider quoi écrire. J’ai donc pioché quelques textes incontournables de la littérature moderne, et comme j’ai de la veine c’est tombé sur mes auteurs préférés : J.R.R.Tolkien, H.P.Lovecraft, F.Herbert, A.Damasio .
« Trois anneaux pour les Rois Elfes sous le ciel…« (ou plutôt in English « Three rings for the Elven Kings…« ), Le poème de l’Anneau Unique par J.R.R.Tolkien dans « Le Seigneur des Anneaux ».
« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit…« Litanie contre la peur des soeurs Bene Gesserit, par Frank Herbert dans son roman Dune.
NB: J’ai vu peu après l’adaptation au cinéma par Denis Villeneuve et la recommande chaudement : c’est du bon !
« There is snow on the ground, and the valleys are cold…« Mêmes outils , autre ambiance : Poème « The Yule Horror » par H.P.Lovecraft
« Golgoth, Traceur. Pietro de la Rocca, Prince. Sov Strochnis, Scribe …« Les 23 membres sont là : ils sont « La Horde du Contrevent » de Alain Damasio.
« Ainulindalë – la musique des Ainur » : les premiers mots du Silmarillion, de J.R.R.Tolkien.
« Mais […] » Ce petit dernier était en fait mon premier test propre, juste après la chute de planche destinée au feu. Qui le décryptera ? La première ligne (le cercle noir) devrait vous suffire à trouver ce que j’avais en tête au moment de ce test, et ce n’était pas un livre ^_^
Maintenant se pose la question de la destinée de ces tablettes de bois, calligraphiées, poncées, vernies avec patience : je les vois plus que mes créations habituelles lancées dans les flots impétueux du temps, tels des vaisseaux (bon, des esquifs), chacun chargé de sa cargaison .
Puissent-ils naviguer longtemps, voir du monde et des horizons lointains… Sombrer avec panache en réchauffant quelques mains le jour venu ?
Que deviennent en temps de confinement ceux dont l’essence même de l’activité est l’anti-confinement, la liberté ? Les musiciens, comédiens, artistes… coincés dans un cadre qui entrave leur art ?
Portrait confiné 1 – Comédien Cyrano
(Dé)confiné·e·s 20·20
Portrait confiné 2 – ballerine
Début 2020 il aurait fallu leur proposer de voyager 18 mois dans le futur, pour traverser intacts cette période étrange, mais ce genre de dispense n’existe pas.
Qu’est-ce qui ressortira pour eux de cette longue infusion, de cette macération / méditation plus ou moins subie, acceptée ? Quel après pour les déconfinés ? Qui aura rebondi, vu la lumière ?
Portrait confiné 3 – Rugbyman
Portrait confiné 4 – Cheffe d’orchestre
D’où cette galerie de personnages empêchés, cadrés plus qu’à l’étroit dans des cellules carrées, avec une pensée pour tous ceux que cette crise sanitaire empêche de vivre…
Parce qu’on voit le bout de cette crise (dit-il en touchant nerveusement du bois), que le cadrage et les situations sont assez stressants comme ça, j’ai voulu des touches d’humour
Portrait confiné 5 – Cracheur de feu
Portrait confiné 6 – la voyageuse backpackeuse
Comédiens, danseurs, artistes de cirque, chefs d’orchestre, voyageurs au long cours … un barman et un cuistot ont failli rejoindre la troupe mais il faut savoir s’arrêter !
J’ai eu envie de conclure la série avec cette « Liberté à l’extincteur » en train de briser son carcan. Sur le cadre en verre, les éclats rendent bien !
Portrait confiné 7 – Liberté pétant la vitre (allégorie)
L’idée de cette série a germé dans le cadre de l’expo « 20×20 » (20cm sur 20cm maximum, encadrement inclus), organisée par l’association 4CM.
Ces illustrations seront exposées à l’espace d’Art Contemporain de Bédarieux (34) au mois de juin 2021.
Pour le coup le format est petit, même selon mes critères, mais ça participe au concept.
Comédien
Danseuse
Rugbyman
Cheffe d’orchestre
Cracheur de feu
Voyageuse
Liberté
Bonus animé
Les différentes étapes de rendu de la ballerine, du crayonné à l’encrage final :
Portrait confiné 2 – danseuse étoile – making of
… ça vous plaît ? N’hésitez pas à partager ! c’est horrible ? N’hésitez pas à heu … formuler des critiques constructives ?
C’est le printemps ! J’ai eu envie de dessiner un Ent assoupi, géant sur lequel la nature continuerait son bonhomme de saison.
Les Ents ce sont ces créatures mi-arbres mi-animales inventées par Tolkien. Mais si, dans « Le Seigneur des Anneaux », ils font sa fête au méchant Saroumane, pour lui apprendre à couper les arbres… J’en ai caché deux récemment sur cette image. Bref, aucun lien avec ENT au sens espace numérique de travail, je tenais à éclaircir ce point . Voilà.
Ent : détail papillon, champignon, œil.
Ent : détail écureuil et branche en fleurs
J’ai voulu avec cette illustration… un peu trop de choses peut-être ? J’ai voulu un contraste entre la vivacité éphémère du papillon et de l’écureuil d’une part, et l’ancienneté, l’inertie de l’Ent d’autre part.
J’ai voulu sur le visage de l’Ent, une ambigüité : est-il triste ou paisible ? a-t-il les yeux fermés le temps d’un soupir ou à jamais ?
J’ai même voulu que son visage ne soit pas distinguable au premier coup d’œil, que les détails attirent le regard avant que ne surgissent les traits du géant, comme sur un certain dessin du grand John Howe.
Au final ça a un côté un peu tristus pour un dessin printanier … Il va être temps – c’est la saison – que je me remette à la couleur .