Étiquette : Calligraphie

  • Cartographie du vivant

    Cartographie du vivant

    Quand on aime les cartes et la vie, en voilà un thème sur mesure, choisi par l’association 4CM pour son expo annuelle à Bédarieux (34).

    J’ai créé pour l’occasion 3 œuvres. La première piste était d’utiliser des matériaux vivants : bois, cuir, os… pour l’encre je m’en suis tenu à du matériel plus traditionnel, aucune seiche n’a été maltraitée.

    ( Il me faudra prendre de meilleures photos que ça, mais c’est moins simple qu’une feuille à scanner )

    Sur un cuir fin j’ai pris au sens littéral le thème : une carte du vivant, sous la forme d’un arbre phylogénétique (merci Wikipedia) de toutes les formes de vie terrestres. Car si on remonte un peu (quelques millions d’années à peine) les humains ont des ancêtres communs avec les singes. Mais en remontant encore, nous sommes en fait cousins avec tous les mammifères (même les chats). Plus loin encore dans le temps, on trouve nos ancêtres communs avec les reptiles, les poissons, puis les insectes, les fougères, les champignons, les bactéries… Tout ça constitue un vaste arbre généalogique, qui vu de dessus ressemble à un système racinaire foisonnant, encombré de branches mortes (ex: les dinosaures, les dodos), mais riche de branches bien vivantes qui continuent de pousser.

    Mon regret : ne pas être entré plus dans les détails, au moins pour les mammifères, tant l’arbre est généraliste ! Le support était pourtant grand, mais il m’en faudra un plus vaste encore – ou des crayons plus précis – pour distinguer la baleine de la musaraigne, bref les différentes branchettes et feuilles.

    Pour l’œuvre « Histoire du Vivant » j’ai souhaité raconter sur une belle tranche de bois massif ce récit vertigineux de la vie : une calligraphie en spirale, qui narre le vivant depuis les lointains clapotements dans l’eau tiède d’il y a quelques milliards d’années, jusqu’aux formes de vie complexes actuelles, capables de s’interroger sur … la vie ailleurs dans l’univers, son apparition, son sens.

    L’œuvre est exposée à plat, sur un plateau rotatif, afin que les visiteurs puissent le lire en le faisant tourner plutôt qu’en tournant autour mais … la plupart n’osent pas (sauf les enfants) Penser à passer rajouter un mode d’emploi.

    Et puis il y a ce crâne glorieux, trouvé par mon grand fiston explorateur dans les bois de Colombières-sur-Orb, qui s’est imposé naturellement. La peinture rouge vient proclamer qu’il n’était pas juste « un animal », mais un individu, bien vivant fut un temps, qui avait son territoire, sa famille, son clan, ses coins préférés, ses paysages habituels, ses saisons . Que perçoivent les animaux de ce monde qui n’est pas que le notre ? Quels sont les termes du « cadastre animal » qu’ils sont en tête ?

    L’exposition à la Maison des Arts / Espace Art Contemporain de Bédarieux se tient du 10 avril au 09 mai :

    Maison des Arts // 19 avenue Abbé Tarroux // 34600 Bédarieux
    Ouvert les Mardi + Mercredi + Vendredi + Samedi,
    de 9h à 12h30 et 14h à 18h

  • Feuille de bois

    Feuille de bois

    J’ai saisi l’occasion de participer ce printemps à Mai que mai, un festival peu commun, organisé par l’association Tafanari à Colombières-sur-Orb, qui mêle à la nature en fête… tous les arts possibles ! Les comédiens surgissent au détour des chemins, des groupes de musique incroyables vous accueillent dans des jardins privés, et des créations artistiques font leur vie en liberté dans la nature !

    Avec cette feuille de bois à une échelle inhabituelle (2 mètres), exposée en pleine forêt, j’ai souhaité attirer l’attention et déclencher une réflexion, un regard plus conscient sur … ce qu’il y a autour de l’œuvre : chaque feuille de lierre bien réelle, chaque bout d’écorce de châtaignier, chaque fleur de fraisier sauvage est un petit miracle d’équilibre, d’ingénierie made in Mère Nature, d’harmonie … la beauté, partout, au point qu’on la piétine sans plus la voir.

    Et puis comme une feuille sous cet angle vertical n’est pas sans évoquer une flamme immobile, j’y ai calligraphié-pyrogravé le poème suivant :

    Vie d’arbre
    Long combat
    Feu lent
    Flamme verte
    Feuille de bois

    Au verso, cette fulgurante perle de sagesse,
    suggérée par mon fils de 9 ans :

    La vie est courte,
    patience

    Oscar


  • TerreMer

    TerreMer

    Une nouvelle calligraphie sur bois, autour du cycle de littérature fantasy de TerreMer (en VO: Earthsea), le monde magique de Ursula K. Le Guin.

    Merci à Laure C. pour cette commande originale ! Je me suis régalé de redécouvrir l’univers de Mme Le Guin, dont j’avais lu quelques œuvres dans ma lointaine jeunesse, et de calligraphier le passage suivant :

    Calligraphie sur bois "TerreMer"

    From that time forth
    he believed that the wise man is one who never sets himself apart from other living things, whether they have speech or not, and in later years he strove long to learn what can be learned, in silence, from the eyes of animals, the flight of birds, the great slow gestures of trees.

    Ursula K Le Guin
    A wizard of Earthsea

    D’autres vous le traduiront mieux que moi, mais en gros ça parle de sagesse, d’humilité vis-à-vis du monde du vivant au sens large, et de silence . Tout ce que j’aime :)

    A noter qu’il existe un très beau dessin animé japonais « Les contes de Terremer« , librement inspiré du cycle de livres, réalisé par Gorō Miyazaki, fiston du génial Hayao Miyazaki.

    Calligraphie sur bois "TerreMer" - croquisCalligraphie sur bois "TerreMer" - bois final
  • Blasons Baratheon & Targaryen

    Blasons Baratheon & Targaryen

    Les familles Targaryen et Baratheon sont issues de l’univers de Game of Thrones, vous les connaissez forcément, souvenez-vous

    (suite…)
  • Blason Smaug

    Blason Smaug

    Un blason calligraphié sur bois de la série calligraphies sur bois, mais réalisé après coup, que j’avais du coup oublié de mentionner sur ce site (ha bravo… mais j’en avais parlé sur Twitter)

    Blason sur bois "Smaug the golden Lord"

    Smaug the Golden Lord

    ( Oui c’est bien le dragon ailé auquel Bilbo, Thorin, Gandalf et leurs camarades se frottent dans « Bilbo le Hobbit » de Tolkien )

    Histoire de changer, j’ai opté pour une partie en pyrogravure, et frôlé plusieurs fois la crampe au bras (en plus d’être asphyxié par les fumées de résine). Mais comme ça date de quelques mois j’ai oublié et m’apprête à remettre ça.

    Au-dessus du Dragon la calligraphie pyrogravée proclame « SMAUG THE GOLDEN LORD », ce qui est un de ses surnoms in English .
    En petits caractères rouges il s’agit de sa punch line favorite du roman : « My armor is like tenfold shields, my teeth are swords… »

    Au même format j’avais aussi oublié de mentionner ici cet autre blason, réalisé dans la foulée et dédié au poème de l’anneau unique :

    Blason sur bois "Three rings for the Elven Kings"

    En rouge le blason reprend la calligraphie elfique de M.Tolkien en personne (wikipédia)

    Autour j’ai repris le poème en anglais qui annonce que 3 anneaux de pouvoir seront forgés pour les Elfes, 7 pour les nains, 9 pour les hommes, et UN pour le Seigneur Sombre, « au pays de Mordor où s’étendent les ombres« …

    Three rings for the Elven-kings under the sky,
    Seven for the Dwarf-lords in their halls of stone,
    Nine for mortal men doomed to die,
    One for the Dark Lord on his dark throne;
    In the Land of Mordor where the shadows lie.
    One ring to rule them all, one ring to find them,
    One ring to bring them all, and in the darkness bind them;
    In the Land of Mordor where the shadows lie.

    The Lord of The Rings, J.R.R.Tolkien
  • Des cartes légendaires

    Des cartes légendaires

    J’adore les documents anciens, les vieux papiers usés dans les coins, tâchés, remplis d’annotations en pattes de mouche minuscules et de calligraphies indéchiffrables … Si en plus il s’agit d’une carte et d’îles mystérieuses aux noms exotiques, alors les portes de l’esprit s’ouvrent et le vent de l’aventure n’a plus qu’à s’y engouffrer à pleines bourrasques !

    Après un galop d’essai format 30×20 cm (ci-dessus) je suis passé au format 40×30 cm (ci-dessous)

    Plutôt que des côtes imaginaires, attendu que ce n’est pas leur découpe exacte qui fait le charme du résultat final, je suis parti sur une île bien réelle (L’avez-vous reconnue ?)

    Certains noms de lieux sont bien réels – mais illisibles .
    D’autres mentions sont fantaisistes (en rouge ci-dessus : « Ici sont les poissons épées […] » ) – et illisibles, aussi.

    Vieillir le papier

    Il y a quelque chose de sacrilège à esquinter volontairement une feuille de papier dont on a pris un tel soin.

    En temps normal un illustrateur à l’idée de plier, froisser, frotter dans la poussière son travail se sent assez mal. Mais comme ici ça fait partie du principe, je m’y suis mis avec joie, et fébrilité.

    Après avoir testé sans succès de rouler en boule la feuille, j’ai plutôt opté pour des plis bien marqués (dans les 2 sens + faux plis « accidentels ») .

    En guise de tâches, la terre, la cendre, et l’aquarelle font leur effet (attention au marc de café qui tâche fort, et à l’humidité qui fixe très vite les tâches)

    La touche finale consiste à poncer (papier de verre relativement fin) les angles de la carte pliée, jusqu’à trouer le papier. Prière de s’arrêter avant que des bouts ne se détachent (ci-dessus : ma signature a eu chaud)

    Vieillissement de la carte : Avant/Après

    Bon, vous l’avez reconnue cette île légendaire ?
    (Que dis-je…mythologique :)