Pour compléter la récente série des calligraphies sur bois , j’ai eu envie de re(re)partir vers Tolkien, et une de ses créatures célèbres : Glaurung le premier des dragons, dépourvu d’ailes mais qui compense largement par sa fourberie.
Blason en bois « Glaurung », dimensions : 40x55cm
J’ai opté pour une forme de blason qui évoquerait une flamme, et ai volontairement travaillé sur une planche bombée ( même si c’est peu photogénique ) : au dos, un arc de bois vient stabiliser cette courbe.
(Détail du blason) La calligraphie dit : « Glaurung the First of the Uruloki, the fire-drakes of the North, dragon of Morgoth »
Extrait du Silmarillion de J.R.R.Tolkien
Un projet d’expo sur Montpellier est dans les tuyaux pour Glaurung et ses petits camarades (20x20cm) de la série Calligraphie sur bois mais ça n’est pas encore bouclé… patience et longueur de temps :)
Blason « Nous vivons par le métal » créé pour la famille L.G (fan de musique métal), dans la lignée de la série Calligraphie sur bois , sauf qu’il n’était pas question de divulgâcher la surprise aux premiers concernés avant qu’ils ne découvrent l’objet… C’est chose faite, je poste donc !
NB : Certes il y a une ironie à parler de métal sur du bois, et non non je ne l’ai pas perçue trop tard. ha ha.
Oui, sur bois. Parce que le papier, c’est so 2020.
Depuis un moment déjà je kiffe le toucher de la mine de crayon sur la surface tendre du bois. C’en est longtemps resté là : le temps d’une étagère ou d’un meuble, pour noter une mesure, apposer une marque discrète – mais stylée – servant à distinguer le dessus du dessous.
Et puis il y a quelques semaines j’ai cédé à une envie passagère et écrit une phrase au crayon sur une chute de planche destinée au feu. L’idée a alors germé : faire ça bien. Faire de la belle calligraphie sur du bois plutôt que du papier.
Après tout une planche n’est pas moins digne qu’une feuille, les deux sont même cousines, et la première quoique plus encombrante, résiste mieux aux outrages du temps… et ne semble plus si épaisse ni lourde une fois sa camarade mise sous verre.
Mais que calligraphier ? C’est le vieux dilemme : quand on aime calligraphier, il faut décider quoi écrire. J’ai donc pioché quelques textes incontournables de la littérature moderne, et comme j’ai de la veine c’est tombé sur mes auteurs préférés : J.R.R.Tolkien, H.P.Lovecraft, F.Herbert, A.Damasio .
« Trois anneaux pour les Rois Elfes sous le ciel…« (ou plutôt in English « Three rings for the Elven Kings…« ), Le poème de l’Anneau Unique par J.R.R.Tolkien dans « Le Seigneur des Anneaux ».
« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit…« Litanie contre la peur des soeurs Bene Gesserit, par Frank Herbert dans son roman Dune.
NB: J’ai vu peu après l’adaptation au cinéma par Denis Villeneuve et la recommande chaudement : c’est du bon !
« There is snow on the ground, and the valleys are cold…« Mêmes outils , autre ambiance : Poème « The Yule Horror » par H.P.Lovecraft
« Golgoth, Traceur. Pietro de la Rocca, Prince. Sov Strochnis, Scribe …« Les 23 membres sont là : ils sont « La Horde du Contrevent » de Alain Damasio.
« Ainulindalë – la musique des Ainur » : les premiers mots du Silmarillion, de J.R.R.Tolkien.
« Mais […] » Ce petit dernier était en fait mon premier test propre, juste après la chute de planche destinée au feu. Qui le décryptera ? La première ligne (le cercle noir) devrait vous suffire à trouver ce que j’avais en tête au moment de ce test, et ce n’était pas un livre ^_^
Maintenant se pose la question de la destinée de ces tablettes de bois, calligraphiées, poncées, vernies avec patience : je les vois plus que mes créations habituelles lancées dans les flots impétueux du temps, tels des vaisseaux (bon, des esquifs), chacun chargé de sa cargaison .
Puissent-ils naviguer longtemps, voir du monde et des horizons lointains… Sombrer avec panache en réchauffant quelques mains le jour venu ?
Drawtober c’est un challenge dans le même esprit que Inktober, en moins contraignant : d’une illustration par jour, on passe à une tous les 5 jours, sur un mot-clé donné, ambiance Halloween… ça me va bien pour cette étrange année 2020 !
Je garde des marathons Inktober 2018 puis 2019 d’excellents souvenirs cependant le rythme journalier est sacrément contraignant à tenir quand on a par ailleurs du boulot, des enfants, toussa . Le règlement des challenges, que ce soit pour Inktober ou Drawtober, est pourtant formel : chacun fait bien ce qu’il veut, a le droit de louper certains jours, de reprendre, etc… mais je ne suis pas du genre à faire les choses à moitié .
Par ailleurs je veux travailler sur des formats plus grands : le A4 (29.7×21cm) c’est sympa et peu encombrant, mais c’est tout de même pitchou. Une fois exposé c’est même franchement minuscule, ai-je réalisé en novembre dernier . Alors je passe à… (roulement de tambour) du A3 ! Imaginez : 42 . sur . 30 . cen . ti . mè . treuh . C’est énorme. C’est un nouvel univers qui s’ouvre à moi .
Par contre il va me falloir reconsidérer cette tendance à détailler tous les recoins de mes illustrations… parce que sur du A3 j’y passe des nuits.
Sculptures de citrouilles
« Carvings »
Empalée sur un pieu de bois grossier au milieu des ronces et des herbes folles, un visage grimaçant sculpté dans une citrouille surveille le chemin. Une bougie fait luire son regard maléfique, tandis que la cire s’écoule en stalagmites livides entre les crocs.
NB : Pour mieux rendre la lueur tremblante de la bougie à l’intérieur de la citrouille, il aurait fallu idéalement que l’illustration soit sur fond sombre … Le temps m’a manqué !
Au sujet de la calligraphie toute en ronces & épines, on m’a signalé qu’elle était difficilement lisible … J’espère bien, quel intérêt sinon ?
Au fond de sa boutique encombrée d’articles inquiétants, un vieil homme édenté au regard fou prépare à la lueur des bougies un breuvage luminescent. Tandis que la marmite bout et déborde, il presse la gueule d’un serpent sur le rebord de la coupe pour y ajouter quelques gouttes de venin.
Dans un monde sans contraintes de délai, j’aurai fignolé plus encore le décor : des fioles, des gousses d’ails, des alambics et bocaux suspects avec dedans des choses louches… et pourquoi pas dans la rue des passants, des maisons … C’est que c’est grand une feuille A3. Dans ce monde-ci, puisqu’il faut savoir rendre sa copie, j’ai coupé là !
Un crâne de dragon aux nombreuses cornes, où semblent luire des yeux malfaisants. La mâchoire inférieure grande ouverte est disloquée en deux parties à la façon des serpents. Autour de lui, des runes gothiques indéchiffrables dessinent un cercle évoquant une incantation, un maléfice.
Dernière image : Bon. Ok j’ai un peu photoshopé pour avoir un dégradé propre.
La nuit de Halloween, des enfants déguisés sonnent à la porte pour demander des bonbons. Derrière eux, en retrait de la lumière du porche, se découpe sur la pleine lune l’inquiétante silhouette d’une sorcière chevauchant un loup monstrueux.
La lune immense fait son effet, que Spielberg m’envie certainement. Call me, Steve.
Par une nuit de pleine lune, au centre d’une colline que domine un menhir, un feu s’élève. Un vénérable druide dirige une cérémonie à laquelle assiste tout le peuple de Faërie : Ents, licornes, gobelins, fées et dragons, elfes et nains, guerrières, mages et trolls.
Manque à l’appel les Dames Ents, comme d’habitude.
Tolkien, « Fins de soirées & blagues elfiques » Tome 9
Le squelette d’un fermier, avachi contre une épave de carriole, semble tenir à la main une citrouille qui a poussé là.
Confidence : j’ai eu au départ de cette illustration envie de dessiner une roue de carriole ancienne, comme on en croise encore parfois, appuyées contre les murs en pierre de nos campagnes, vestiges d’un autre monde. Mais alors une roue en bout de course, hein : voilée, disloquée, rouillée, au bois blanchi par les saisons… Les limites de ce type d’illustration c’est que je ne peux y rajouter des champignons et mousses, faute d’y avoir pensé assez tôt. Ni suggérer via les couleurs appropriées la patine si particulière que prend le bois après un siècle à combattre les éléments…
Pour le prochain Drawtober, + de couleur et de numérique ?
Si vous lisez ceci bravo, je me demande parfois à quel point je suis trop bavard. Tiens tant que vous êtes là, si vous voulez partager cette page ça me ferait plaisir, vous n’imaginez pas à quel point la fréquentation de ce site est confidentielle !
Ca représente du boulot, mais cette année encore ce fut un vrai plaisir . Un dessin par jour, chaque jour du mois d’octobre, autour d’un mot-clé imposé : il y a dans le challenge Inktober une joyeuse phosphorescence entre artistes du globe, et à titre plus personnel une discipline à respecter, une bonne habitude à prendre, et la satisfaction d’une belle collection au final.