Dans les semaines suivantes, pour une commande, une illustration d’arbre m’a été demandée : j’ai opté pour un chêne, auxquels les vers de Victor Hugo vont plutôt bien.
Un chêne, et les vers d’un poème de Victor Hugo :
« Écoute l’arbre et la feuille
La nature est une voix
Qui parle à qui se recueille
Et qui chante dans les bois. »
Dans l’univers de Mr Tolkien, Glaurung est le premier des urulóki, les « dragons de feu ». Un dragon rampant, dépourvu d’ailes, le « Grand ver de Morgoth ». Une créature infernale mais douée de raison, de parole, de stratégie et d’une volonté de nuire sans faille.
Ainsi son potentiel de destruction tient-il encore plus à ses capacités de stratège machiavélique qu’à sa puissance physique : Glaurung est capable de mener des légions à la guerre, mais aussi de répandre le doute, le chaos, par ses paroles seules. Ainsi son venin se répand dans le cœur des hommes et des elfes.
Voilà pour les présentations ! (+ d’info sur Wikipédia). Tout ça pour expliquer que je tenais à ce qu’il ait un air maléfique et vicieux. En plus d’une bonne gueule de dragon, s’entend.
NB: à peine fini, aussitôt exposé (ce sont des choses qui arrivent) : camarades toulousains, vous pouvez venir voir Glaurung jusqu’à la fin de l’année 2021 à l’expo-vente de la Loupiote.
Une version vectorisée en noir et blanc puis retouchée numériquement
Cette illustration avant d’en être une fut d’abord un blason sur bois, venu couronner la récente série des calligraphies sur bois . Je me suis régalé en le réalisant, et me suis dit que le Dragon que j’avais représenté derrière la calligraphie, en guise de silhouette, de decorum, méritait bien une illustration à part.
C’est le printemps ! J’ai eu envie de dessiner un Ent assoupi, géant sur lequel la nature continuerait son bonhomme de saison.
Les Ents ce sont ces créatures mi-arbres mi-animales inventées par Tolkien. Mais si, dans « Le Seigneur des Anneaux », ils font sa fête au méchant Saroumane, pour lui apprendre à couper les arbres… J’en ai caché deux récemment sur cette image. Bref, aucun lien avec ENT au sens espace numérique de travail, je tenais à éclaircir ce point . Voilà.
Ent : détail papillon, champignon, œil.
Ent : détail écureuil et branche en fleurs
J’ai voulu avec cette illustration… un peu trop de choses peut-être ? J’ai voulu un contraste entre la vivacité éphémère du papillon et de l’écureuil d’une part, et l’ancienneté, l’inertie de l’Ent d’autre part.
J’ai voulu sur le visage de l’Ent, une ambigüité : est-il triste ou paisible ? a-t-il les yeux fermés le temps d’un soupir ou à jamais ?
J’ai même voulu que son visage ne soit pas distinguable au premier coup d’œil, que les détails attirent le regard avant que ne surgissent les traits du géant, comme sur un certain dessin du grand John Howe.
Au final ça a un côté un peu tristus pour un dessin printanier … Il va être temps – c’est la saison – que je me remette à la couleur .
A Londres, dans la vieille taverne « Aux Armes du Roi », l’Ordre Ancien des Druides fut rétabli le 28 novembre 1781.
Cette illustration traite d’un événement historique bien réel : quelques années avant que n’éclate en France la Révolution de 1789, de l’autre côté de la Manche fut fondé un soir d’automne l’Ordre Ancien des Druides (AOD – Ancient Order of Druids), par un cercle de gentlemen épris de littérature, de culture, qui voyaient dans la figure du Druide antique s’incarner des idéaux de philosophie, de sagesse, de connaissance…
Suite et fin de la série commencée avec Sous l’océan… Quelques créatures marines supplémentaires, dans un sillon Cthulhu / Lovecraft que je me suis bien régalé à creuser !
Ca a aussi le mérite de changer les idées de l’actualité de ces jours-ci : confinement, paranoïa… l’apocalypse selon les pangolins . Au fait, rien à voir mais un peu quand même : je me suis revu l’excellent film Abyss de James Cameron (1989), et je réalise qu’il y a pas mal de confinement et de paranoïa dedans. Tout se rejoint, la boucle se boulque, c’est fou.
A mi-chemin entre le poisson des abysses et le dragon des profondeurs, je vous présente…
Le Dragon des Abysses
dragon des abysses – détouré
Je suis parti d’un poisson des profondeurs aux traits marqués (mais pas si exagérés que ça : voyez plutôt la tête cauchemardesque d’un Eurypharynx ), et puis j’ai eu l’idée d’y mettre une peau digne d’un éléphant (car oui, on peut vivre sous l’eau ET avoir la peau sèche et crevassée) mais aussi des phalanges, plein . Des phalanges dans les nageoires, dans les ailerons, et même dans la queue, qui ressemble à une ébauche de main.
Mon tout n’est pas très hydrodynamique, mais au diable la logique. ( Et puis attendez, j’ai fait pire pour le suivant )
J’ai toujours trouvé ça épatant la façon qu’ont les hippocampes de faire front, d’avancer debout, au mépris de la résistance de l’eau, le torse bombé et tout. Je me doute qu’un tel comportement a des raisons logiques (Mère Nature et Papa Darwin ont TOUJOURS des raisons logiques) mais il y a dans cette posture une fierté, une bravoure, qui force d’autant plus le respect qu’elle est totalement déplacée, en plus d’être d’un anthropomorphisme complet.
J’ai voulu que la créature ait des bras, sans que ça ne soit flagrant de loin. Et aussi qu’elle ait un attitude fière, avec un visage totalement impénétrable.
J’ai cherché à donner aussi une impression de préciosité, qu’on sente une intelligence, inhumaine mais bien là, et une pensée stratégique, d’où le titre de l’illustration. J’ai pensé au personnage de la Reine Alien dans Aliens (1986) film de … James Cameron, tiens, encore lui, 2 ans avant Abyss.
La boucle, vous dis-je.
Un poster, un mug, avec cette oeuvre ? C’est possible via RedBubble.
J’ai eu une envie de poisson. C’est un peu comme une envie de sushis, mais au niveau des crayons.
Requin marteau
La tête improbable des requins marteaux m’a d’abord inspiré ce cousin imaginaire, à mi-chemin entre un ancêtre préhistorique alternatif, et une créature à antennes surgie des océans de Pandora, la planète imaginée par James Cameron pour son film Avatar.
Puis j’ai eu envie de pieuvre. Mais d’une pieuvre différente. D’une bonne taille certes, mais pas au point d’un Godzilla, ou d’un kaijū du film Pacific Rim …
Mon Kraken n’est pas du genre à broyer un bateau, je l’ai voulu stratège, et à taille humaine, capable d’une rencontre avec un humain, d’où la mise en scène ci-dessus d’un face-à-face avec un plongeur.
Avec son petit côté Cthulhu, on est en droit de douter que la rencontre finisse bien, tant il est vrai que M.Lovecraft a peu écrit d’histoires optimistes, mais bon.
Matériel
Je continue d’utiliser mon papier teinté spécial Inktober, sur lequel l’encre noire peut être réhaussée au Posca blanc, avec un rendu qui me plaît bien. Le numérique permettrait de simplifier pas mal de choses mais l’idée qu’une oeuvre n’ait pas d’exemplaire original me chagrine pour elle…
Pour autant je me suis permis sur ce coup de retoucher numériquement les versions papiers : ajout d’un flou de focus sur le proto-requin, et passage au bleu marine pour le Kraken & le plongeur.
Inspiration & paléo-art
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L’idée de modifier des créatures existantes pour en faire autre chose est peut-être partie des paléo-artistes talentueux que je suis sur Twitter . Ils sont capables de ressusciter des créatures éteintes depuis des millions d’années, en respectant tout ce que la science sait d’elles, et… en imaginant le reste.
Dans mon cas je préfère laisser filer l’imagination, et ne pas respecter de contrainte autre que le fil parfois ténu de l’idée de départ, mais je ne peux laisser passer cette occasion de saluer leur travail . Jetez-y un œil, voire deux : Gabriel N.U , Sinkkonen .